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Rapport d'activité et évaluation des interventions scolaires de l'association CONTACT Paris—Île-de-France

Année scolaire 2007-2008


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Nous avons effectué 49 interventions pendant l'année scolaire 2007-2008.

Lieux des interventions : 8 villes et 3 départements.

Type d'intervention : lutte contre les discriminations
Département Ville Établissement Public
Val-de-Marne Alfortville CES Henri Barbusse Classes de 5ème et 4ème
Seine-Saint-Denis Aubervilliers Lycée Henri Wallon Classes de seconde générale
Seine-Saint-Denis Blanc Mesnil Lycée Jean Moulin Seconde CSS — Première SPLV — Terminale
Seine-Saint-Denis Blanc Mesnil CES Henri Barbusse Classes de 5ème et 4ème
Seine-Saint-Denis Blanc Mesnil Cinéma Élèves de seconde et de terminale (journée contre les violences faites aux femmes)
Seine-Saint-Denis Bobigny CES Jean-Pierre Timbaud Classes de 4ème
Seine-Saint-Denis Bobigny CES République Classes de 4ème générale et de 4ème SEGPA
Seine-Saint-Denis Bobigny CES Pierre Semard Classes de 4ème
Seine-Saint-Denis Bobigny Maison des parents Parents d'élèves
Val-de-Marne Créteil Lycée Saint-Exupéry Classes de seconde BEP de comptabilité et de terminale MC
Paris Paris 9ème Lycée Jacques Decour Classes de seconde et de première S
Paris Paris 13ème Lycée Claude Monet Classes de 3ème

Type d'intervention : lutte contre l'homophobie
Département Ville Établissement Public
Seine-Saint-Denis Aubervilliers Lycée Henri Wallon Classes de seconde générale
Seine-Saint-Denis Blanc Mesnil Lycée Jean Moulin Classes de terminale — MCAD
Seine-Saint-Denis Drancy Forum Élèves de lycée professionnel
Val-de-Marne Nogent-sur-Marne Le Pôle Jeunesse Élus, responsables jeunesse et jeunes de la ville

Origines des 49 demandes :     Proviseurs 6
Enseignants     11
Assistantes sociales scolaires 15
Infirmières 4
Élèves 2
Autres 11

Nombre d'élèves rencontrés : 49 classes (estimation de 1 225 élèves)

Nombre d'intervenants : 8 intervenants bénévoles formés par Éric Verdier, chargé de mission à la Ligue Française pour la Santé Mentale.


Évaluation : analyse des questionnaires post évaluations

1) Indicateur : intérêt des élèves pour l'intervention

Très intéressant 28%
Intéressant 53%
Un peu intéressant 16%
Pas du tout intéressant     3%

2) Indicateur : aide apportée par l'intervention selon les élèves

L'intervention vous a-t-elle aidé ?
oui beaucoup 3%
oui 54%
oui un peu 12%
non 31%
L'intervention peut-elle aider
d'autres personnes ?
          
oui 84%
peut-être 10%
non 6%

3) Impact sur les élèves : ils estiment le besoin d'action dans la lutte contre les discriminations ou contre l'homophobie

Est-il important de lutter
contre les discriminations ?
oui 91%
ça dépend 5%
non 4%

4) Désignation des discriminations contre lesquelles il est le plus difficile de lutter

racisme 39%
homophobie, transphobie...     32%
sexisme 16%
physique / handicap 7%
religion 4%
toutes les discriminations 1%
politique 1%


5) Indicateurs qualitatifs

5-1) Approbation des termes et des idées évoqués : un élève a écrit un poème pendant l'intervention

Poème de Patrice, élève de seconde, lycée Henry Wallon, Aubervilliers.
Avec l'autorisation de l'auteur.

Posé, écoutant ses idées,
D'injures non acceptées,
De tous ces mots qui peuvent blesser,
Revendiquant toutes ces insultes,
À ces gens perdus
Sans aucune idée à ne vouloir penser,
Au mal qui est prononcé,
À toutes ces personnes innocentes persécutées,
De termes racistes, familiaux, sexistes, homophobes,
Touchant indirectement un proche,
Frère à mon cœur,
Commettant des insultes pour les contredire,
Ayant mal de recevoir,
Être attaqué par tout cela,
Un système de défenses,
Voulant esquiver des insultes dures à entendre,
Cherchant à mettre fin à beaucoup de choses,
Pour ne plus ressentir tous ces propos,
Vrais ou faux,
D'un point de vue que normal à soi,
On s'interdit donc cette vie à poursuivre,
Par un simple regard aux autres,
D'une honte trop profonde,
Que l'on ne peut accepter, continuer,
Et se montrer sans difficulté.
Ce poème, écrit pendant l'intervention même, aborde avec une très grande sensibilité tous les aspects évoqués par les élèves : la souffrance, la lutte, les difficultés de vivre sous le regard des « autres ». Il est à lui seul, une évaluation de la profondeur du débat qui a eu lieu entre les élèves.


5-2) Réflexions écrites par les élèves : remarques et classements par thèmes générateurs

Satisfaction immédiate exprimée sur les questionnaires d'évaluation

Accès à des savoirs

Expression de sentiments positifs

Meilleure connaissance sur l'homosexualité

Conséquences des insultes et lutte contre les discriminations

Attentes


6) Perspectives pour améliorer nos interventions

6-1) Pour les intervenants

6-2) Avec les « demandeurs »


Synthèse

La plupart des demandes nous sont parvenues par les assistantes sociales scolaires, les infirmières scolaires et les enseignants. Nous avons eu des « spectateurs » venus se rendre compte par eux-mêmes et des demandes ont suivi. Un proviseur avec qui nous étions en relation nous a sollicité. Seules deux demandes nous ont été faites par Internet.

Nous sommes intervenus dans des classes allant de la 5ème à la terminale, en collèges, lycées généraux et professionnels. Des interventions se sont aussi déroulées devant un groupe de parents, un groupe d'élus et des responsables « jeunesse ».

Le travail dans les 16 classes de 4ème de trois collèges de Bobigny s'inscrivait dans un projet de théâtre forum [1] sur le thème des discriminations. Ce travail en profondeur a créé une vraie dynamique dans ces établissements.

C'est au travers de notre outil, « le mur des insultes », que nous avons travaillé avec les élèves et les parents sur toutes les discriminations dont l'homophobie, les propos homophobes étant largement et répétitivement représentés. À deux reprises, à la demande d'élèves de lycées, nous sommes ensuite intervenus pour développer le thème de l'homosexualité et son corollaire, les préjugés homophobes. À ce titre, nous avons ouvert le débat grâce au visionnage d'un court-métrage et d'un documentaire extraits du DVD « Qu'en dira-t-on ? » produit par Éducagri éditions de l'enseignement agricole public (ministère de l'agriculture et de la pêche).

Le « mur des insultes » sert de base aux questionnements, élaborations, précisions sémantiques. Nous invitons les élèves à nous donner le sens d'insultes, souvent celui-ci leur échappe ou se situe très « à côté ». Les élèves classent les insultes avec facilité dans les catégories : sexistes, racistes, liées au physique, liées au mental, à l'égard de la famille, homophobes...

Il ressort de l'analyse des questionnaires post-interventions que 81% des jeunes disent avoir été intéressés ou très intéressés par l'intervention. L'intérêt porte aussi bien sur le contenu que sur le débat, la liberté d'expression et le sérieux de la discussion (« avec des adultes » est-il précisé). Elle leur a permis de mettre des mots sur des idées, des tabous, des préjugés.

Beaucoup indiquent qu'il leur est arrivé d'être blessés par une insulte. Ils se sont rendu compte de la facilité d'en arriver à la surenchère, de passer à l'acte... Ainsi, ils demandent « comment faire pour ne pas... ». Ils expriment aussi l'idée que s'il y a des mots qui blessent, il y en a aussi qui « réparent ».

50% des élèves disent que cette intervention les a aidés, soit à comprendre le sens de mots tellement banalisés, le poids de mots qui font mal, soit à réfléchir sur le rôle de chacun dans la propagation des insultes, à l'effort parfois difficile qu'ils doivent faire pour contrôler leur langage, soit encore à réfléchir aussi aux conséquences de la violence ainsi véhiculée.

Ce constat dépasse leur intérêt personnel puisque 84% d'entre eux déclarent que nos interventions pourraient aider les autres. Ils nous suggèrent de les faire en « primaire » et même dans « toutes » les classes. Ils se montrent sensibles à ce que d'autres peuvent éprouver et aux conséquences parfois graves qu'entraînent la souffrance, la solitude, le sentiment d'être rejeté allant jusqu'à citer « la déprime » et « le suicide ».

Enfin, pour 91% des élèves, la lutte contre les discriminations est importante et on peut noter en particulier qu'après le racisme (39%), c'est l'homophobie qui vient en seconde position (32%) suivi par le sexisme (16%).

Le deuxième temps de l'intervention vise à leur faire comprendre que les insultes participent aux classifications dévalorisantes, qu'elles sont la racine des préjugés, eux-mêmes sources de discriminations. Les élèves définissent le terme « discriminer », citent des situations de discriminations. Nous mettons en regard la classification des insultes faite précédemment et les différentes discriminations. Nous précisons aussi la différence entre discrimination « directe » et « indirecte ». Nous les informons sur la HALDE et parlons de notre association.

Des interventions sont déjà programmées pour la prochaine rentrée, gage de l'intérêt que nous portent les établissements. Nous remercions ici les personnes qui nous ont fait confiance.

Pour l'équipe des intervenants
Responsable : Paule Le Goff
Association CONTACT Paris—Île-de-France
Téléphone : 01 44 54 04 70
Email : idf@asso-contact.org

Rapport établi en juin 2008

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Notes

[1] Un écho de nos interventions lors du théâtre forum rassemblant 16 classes de 4ème de trois collèges de Bobigny.

Une assistante sociale nous a relaté les réactions des élèves lors du théâtre forum.

Certains d'entre eux ont repris nos propos, par exemple un élève qui a entendu une insulte homophobe a dit : « attention ! ça peut faire mal, il y en a même qui se tuent à cause de ça. »
Les saynètes étaient jouées par des professionnels sur différents thèmes de discriminations. Il fallait que les élèves modifient l'issue défavorable à l'un des personnages (humiliation, sentiment de honte, violence, tristesse, colère...)
La scène était rejouée et ils devaient dire STOP ! au moment qui leur paraissait insupportable, prendre la place d'un comédien pour jouer son rôle en modifiant son attitude, ce qu'il pourrait dire ou faire « autrement » pour changer la situation.
Les enfants ont fait des interventions très intéressantes en prenant ouvertement la défense d'un ou d'une homosexuel(le), en essayant de s'opposer à la violence de certains personnages, parfois des garçons ont pris des rôles de filles pour les défendre, parfois ils se sont mis dans la « peau » de leurs parents.


Références